L’édition 2026 du Pardon de Saint-Aubin restera dans la mémoire 
des membres de l’Association de sauvegarde des chapelles et calvaires
de Pont-Scorff et tout spécialement de son président Joël  Le Bolay.

Le pardon de Saint-Aubin

Malgré le temps maussade, ce dimanche premier mars,
l’ancienne  église  paroissiale était comble pour honorer « Sant Albin »
dont on conserve ici la mémoire d’un homme de bien, devenu évêque  d’Angers en 529.

Est-ce la raison de cette affluence remarquée ?
Un événement  particulier, annoncé par le Père Jean-Marc
dans son mot d’accueil, clôturera en  effet  la célébration de ce jour :
la bénédiction de l’imposante croix de mission,
de retour après sa dépose le 04 août 2025.
Si le terme de restauration peut être employé au sujet
de la représentation du Christ en croix,
ce n’est pas le cas de l’ancien support en bois,
qui devenu dangereux, sera totalement remplacé.

C’est à  Louis Guiguen (1932–2012), charpentier au Templo,
que nous devons sa réalisation.
Le bois de cette précédente croix, après avoir été débité et fendu,
contribuera à la cuisson au four des pains et brioches
proposés traditionnellement à l’occasion du pardon de St Servais,
cette année le Dimanche 21 juin ; du pain béni assurément !

Six mois donc après la dépose, le pari est tenu.
L’avant-veille du pardon  la croix a retrouvé son socle en pierre de taille,
soigneusement nettoyé  par Francis, Michel et André.
La chapelle elle-même a d’ailleurs aussi bénéficié
d’un nettoyage de printemps avant l’heure,
assuré par Françoise, Michelle, Annick, Marie-Thérèse, Yolande et  Mathé,  
toutes très sensibles à la beauté du lieu et la richesse de son mobilier liturgique.

   

Le parcours de réhabilitation

L’opération reste complexe néanmoins, tant sur le plan
 – de la logistique de l’enlèvement  et de la pose, 
– du financement que
– du respect des délais. 
L’association espérait, en effet,  son retour avant ce pardon du premier mars 2026.

La première étape concerne la prise en charge, en novembre 2025,
du crucifix en fonte  (terme latin qui signifie « fixé sur une croix),
par la Métallerie Arnaud Palabe,  une entreprise familiale  
implantée à Quéven depuis 1986 qui réalisera, entre autres,
le comblement des manques et  les nouveaux  éléments
de fixation de l’ensemble contre le mur, près du porche sud de la chapelle.

 

Il sera ensuite confié à la Sarl ALS Peinture, av. Amiral Melchior à Lorient,
spécialiste du traitement et du revêtement des métaux,
dans le cas présent par une couche de zinc en fusion et d’une peinture de protection.
En parallèle, « Les charpentes du Scorff », l’entreprise de Sébastien Pédrono à Pont-Scorff,
entame la recherche d’une bille de chêne de pays,  auprès de la scierie « Jarno Bois »
implantée en lisière de la forêt de Camors.   
Il faudra ensuite la façonner en atelier à Pont Scorff, pour obtenir
le fût de la croix et le croisillon, la poutre horizontale.

Francis et Michel, appliqueront enfin sous l’œil vigilant de Joël, 
plusieurs couches de lasure avant l’assemblage.

Sébastien  aura la délicatesse de proposer gracieusement 
la réalisation des trois pointes de diamant pour créer une belle finition et d’un chanfrein,
cette petite surface plane, adoucissement des angles des deux pièces de la croix.

 

 

Malgré les imprévus, ils ne pouvaient que réussir,
en raison de leur détermination, leur ténacité et leur attachement
au patrimoine religieux breton, chapelles et calvaires.
« C’est pour eux une très grande joie qui récompense la peine
qu’ils ont prise pour cette restauration »

A propos de peine, il faut avoir présent à l’esprit le poids de l’ouvrage :
600 kg (450 pour la croix et 150 pour le crucifix en fonte)

Le Président de l’association n’a pas  manqué de souligner et de saluer,
à l’issue de la célébration, l’investissement et le sérieux des artisans
et des entreprises concernés ainsi  que celui des bénévoles mobilisés
pour cette opération exceptionnelle.

Une croix de Mission

Avant le début de la procession, il revenait naturellement au Père Jean-Marc,
très présent également, en soutien actif  des différents comités
de chapelles de Pont-Scorff et de Cléguer, de bénir,
sous un crachin breton qui aura raison du feu de joie,
cette  croix qui conservera donc le souvenir d’une « Mission ».

Certains d’entre nous se souviennent de ce « rassemblement de paroissiens
de plusieurs jours, marqué par des confessions et de  nombreux offices
célébrés par des prédicateurs, souvent des prêtres extérieurs,
parfois des missionnaires jésuites ou marianistes qui avaient pour but de raviver la foi chrétienne ».

« La fête annuelle de Saint-Aubin tend à devenir tous les ans plus importante,
elle rivalisera sans doute, lorsque le chemin de fer sera construit, avec les fêtes de Gestel et de Toulfoën ».
Il s’agit ici des premières lignes du programme des « réjouissances publiques »
 de l’année 1901 organisées le lendemain du pardon.
L’affiche apposée , sous le chapiteau,  n’a pas manqué de faire sourire les fidèles et pèlerins de 2026,
durant ces précieux moments d’échange et de partage,
en clôture de cette matinée du jour précis de la fête
de Saint-Aubin, un prénom finalement peu fréquent à Pont-Scorff.

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